L’errance urbaine du “Phénix 44″ d’Olivier Strebelle

L’oeuvre n’aurait jamais dû se trouver sur le rond-point Louise… mais à l’entrée du Bois de la Cambre. Sera-t-elle un jour implantée au bon endroit ?

“Phénix 44″ est une sculpture monumentale de 8 m de haut en bronze. Elle fut commandé par la Royal Belgo-British Union pour célébrer les 50 ans de la libération de Bruxelles (le 2 septembre 1944). Comme son nom l’indique, elle représente un oiseaux renaissant de ses cendres qui symbolise la paix retrouvée. Les ailes déployées forment le “V” de la victoire. Si on les observe attentivement, on y décèlera, gravé, le dessin de l’Union Jack.

Place Stéphanie ?

Une sculpture urbaine n’est pas imaginée en atelier comme si elle pouvait s’implanter n’importe où. Au contraire, elle doit être conçue en fonction du lieu de son installation, pour y répondre de manière harmonieuse.

Problème : à Bruxelles, les idées ne sont jamais très claires. C’est ainsi qu’on transbahuta potentiellement le Phénix 44  à la Porte de Hal, à la Porte de Namur et, enfin, place Stéphanie. C’est en ayant cet endroit en tête que le sculpteur entama son projet.

Et puis, patatras, les autorités bruxelloises changent d’avis. Un bout de l’avenue Louise vaut bien un autre : on décide d’implanter l’oeuvre sur  le terre-plein situé à l’entrée du Bois de la Cambre. Avant-dernière escale donc.

L’Orée du Bois ?

Olivier Strebelle, adapta son projet, déjà bien avancé, pour qu’il s’intègre à ce nouvel emplacement. Les ailes de l’oiseaux épousent exactement la courbure des avenues de Diane et de Flore qui se rejoignent à l’Orée du Bois (voir photo).

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Sauf que, en 1994, il fut décidé que le Bois de la Cambre devait faire l’objet d’un nouveau plan de circulation et que le fameux carrefour serait en chantier. Impossible d’installer la sculpture à temps pour la commémoration. Et l’inaugurer pour les 51 ans de la Libération, ça avait tout de suite moins de gueule ! Elle fut donc déplacée dare-dare sur le premier espace libre à proximité : le demi rond-point situé au milieu de l’avenue Louise.

Le rond-point Louise

La sculpture n’est plus dans la perspective de l’avenue mais sur le côté et donc beaucoup moins visible.

Phénix 44» a grandi énormément en fonction des hêtres du Bois de la Cambre. Une sculpture doit être différente selon les points de vue. Au rond-point Louise, la scène est fermée et mon travail ne peut se voir que selon deux angles” déclarait Olivier Strebelle au journal Le Soir du 24 août 1994.”J’espère néanmoins qu’un jour elle sera déplacée au Bois de la Cambre, environnement en fonction duquel je l’ai créée.”

Olivier Strebelle est décédé le 29 juillet 2017. Son oeuvre n’a jamais retrouvé sa destination initiale… Peut-être pour les 100 ans de la Libération ?

sources : bobobrusselsIrismonument, Le Soir, Olivier Strebelle

photos : bobobrussels et Google

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